Parler anglais, penser anglais

Isoler l’expression orale revient à parler de l’activité de production orale. Cependant, cette activité n’a de sens que dans l’interaction. On ne parle jamais qu’à quelqu’un. Produire un énoncé ou réciter un texte aussi parfait soit-il n’est pas parler.

Parler en anglais au volant de sa voiture, sous la douche, ou devant son miroir n’est pas parler anglais. Savoir parler anglais ne veut pas dire parler anglais couramment, sauf si on entend par savoir parler anglais, on entend l’aptitude à communiquer en anglais.

L’expression orale étant prise dans la communication, le temps pour parler et le temps pour comprendre se chevauchent. Comme le souligne certains auteurs, « la charge cognitive » n’est pas la même que dans une situation de production isolée dans la mesure où vous êtes déjà en train de planifier votre réponse du même mouvement que vous comprenez. Une situation de production isolée est on ne peut plus artificielle. Parler, c’est être dans la réaction. Parler, c’est répondre à, s’adresser à.

Parler anglais, penser anglais

Vous serez amené à envisager autrement l’apprentissage de la  grammaire anglaise et du vocabulaire anglais à partir de l’oral en développant le parler anglais, penser anglais.

Notre méthode d’anglais vous permet de:

 

  • Gagner en aisance orale en pensant directement en anglais
  • Accroître votre fluidité 
  • Booster votre confiance et libérer votre spontanéité en dépassant la peur de ne plus être compris
  • Être plus convaincant face à un interlocuteur anglophone en maîtrisant les nuances de l’anglais parlé et en développant la gestuelle propre à la corporéité de la langue de Shakespeare

Qu’est-ce que parler anglais et penser anglais?

Démystifier la grammaire et le vocabulaire

Il ne suffit pas d’avoir un jeu de boules pour jongler, encore faut-il savoir jongler. De la même manière, il ne suffit pas de connaître la règle ou le mot, faut-il encore savoir l’utiliser.

Combien d’apprenants s’entendant faire une faute, soit qu’un professeur la relève, ne s’exclament-ils pas : « je le savais » ou « ah oui, que je suis bête ! », voire « désolé je suis vraiment fatigué aujourd’hui » ? Pour certains, c’est littéralement « être pris en faute ». Le balbutiement ou l’achoppement dans une langue étrangère peut-être très mal vécu par l’apprenant. Il est renvoyé à un temps d’avant où il était étranger à sa propre langue.

Pour beaucoup d’apprenants, apprendre à parler anglais ou progresser en anglais consiste à apprendre du vocabulaire et à consolider sa grammaire. Un enfant n’a pas attendu l’école primaire avec l’introduction des règles de conjugaison et d’orthographe pour parler spontanément sa langue.

Bien parler anglais

On peut renverser cette perspective de l’apprentissage des langues : peut-être connaissez-vous la règle de grammaire mais parlez-vous vraiment anglais ?

Il convient de dépasser l’alternative de mal ou bien parler anglais. Dans cette perspective, bien parler anglais, c’est parler anglais. Pour beaucoup d’apprenants, parler anglais se résume à produire un énoncé désincarné, à “sortir une phrase” traduite mot à mot du français si bien qu’en réalité, ils ne font que parler français avec des mots anglais.

Or, parler ne consiste pas à aligner une suite de mots. Parler anglais, c’est faire l’épreuve de l’intraduisible et s’expatrier de sa langue maternelle. Apprendre une langue dite étrangère, c’est apprendre une nouvelle langue et devenir bilingue en quelque sorte.

L’étrangeté de la langue

Parler une langue étrangère a ceci en commun avec le jeu d’acteur que le texte est étranger. Le métier d’acteur consiste à dire les mots d’un auteur en faisant croire que ce sont les siens. Dans le cas d’un acteur jouant dans sa langue, le texte ne lui est pas moins étranger. L’étrangeté ne tient pas tant au fait que le texte soit écrit par un auteur que l’antécédence du texte.

Imaginez que quelqu’un prenne en note ce que vous dites à votre insu puis vous soumette le texte afin que vous le disiez une seconde fois. Votre texte vous est alors également étranger et vous aurez la plus grande peine à le redire avec la même spontanéité que la première fois.

La spontanéité de la langue

Un acteur qui pense à son texte n’est déjà plus en train de jouer, tout comme un apprenant traduisant ou construisant sa phrase dans sa tête n’est déja plus en train de parler anglais. Parler anglais couramment, c’est à dire avec fluidité, ne consiste pas à traduire ni à produire une phrase ou un énoncé.

Il n’y a pas l’idée puis le mot mais le mot puis l’idée. C’est le rapport d’antécédence qui crée l’étrangeté. Quand vous parlez spontanément, la langue travaille pour vous, vous n’avez pas à penser à la règle ni au mot. On pourrait comparer le fait de parler anglais couramment au port d’une robe à traîne, elle vous suit, vous ne courrez après.

Un apprenant étranger n’étant pas habitué à marcher avec la robe à traîne de l’anglais doit certes exercer un niveau de correction conscient pendant qu’il parle afin de ne pas trébucher. S’il réduit la pratique de la langue anglais à de l’interprétariat simultané, c’est à dire à se faire son propre interprète, il antépose le texte. La traîne se retrouve par là même devant lui si bien qu’il ne peut que se prendre les pieds dedans.

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